Earth 2050
NOUVEAU

Électricité

Bioénergie

Bioénergie - L'énergie propre peut-elle vraiment pousser sur les arbres ?

La bioénergie peut transformer les plantes, les algues, les déchets alimentaires, l'huile de cuisson usagée et les eaux usées en énergie et en carburant. Du biogaz et du biodiesel aux carburants d'aviation durables et au BECCS à bilan carbone négatif, elle pourrait aider à décarboner le transport maritime, l'aviation, le transport lourd et l'alimentation de secours. Mais brûler des forêts au lieu de combustibles fossiles n'est pas la solution. La bioénergie n'est utile que si elle est durable, soigneusement mesurée et vraiment neutre en carbone, voire à bilan carbone négatif.

(Guide illustré bientôt disponible)

ImpactVitesseCoûtMaturitéNature

2,6global

Comment cette solution est notée

  • Impact2 / 5Utile là où il existe peu d'alternatives, mais les vraies économies de carbone sont souvent surestimées.
  • Vitesse3 / 5L'industrie peut passer assez vite aux biocarburants, mais la biomasse repousse et absorbe le carbone relativement lentement.
  • Coût2 / 5Les biodéchets sont bon marché, mais les biocarburants ont généralement besoin de subventions.
  • Maturité4 / 5Brûler de la biomasse est une vieille technologie, mais des versions plus propres comme les piles à combustible microbiennes en sont encore à leurs débuts.
  • Nature2 / 5Les cultures destinées aux biocarburants peuvent entraîner la déforestation et entrer en concurrence avec les cultures alimentaires pour les terres, et leur combustion nuit à la qualité de l'air.

Quiz

Question 1 sur 10

Avec quoi pouvait fonctionner le moteur de Rudolf Diesel au début des années 1900 ?

Score 0 / 10

Transcription

Pour les humains, l'énergie, c'est tout, et en ce moment, ils en tirent l’essentiel en brûlant du charbon, du pétrole et du gaz [1,2,3]. Malheureusement, ces combustibles fossiles polluent aussi l'atmosphère, empoisonnent les océans et risquent de faire cuire la planète [3,4].

Mais s'il existait une alternative écologique ? Et si cette alternative pouvait littéralement pousser sur les arbres ?

Bienvenue dans le monde de la bioénergie !

Depuis que les premiers humains ont découvert comment maîtriser le feu, ils brûlent de la biomasse comme le bois pour produire de la bioénergie [5,6,7]. Ils s'en servaient pour cuire leur nourriture, chauffer leurs maisons et, globalement, faire quelques bêtises.

Mais avec la révolution industrielle, ils ont découvert les combustibles fossiles [8,9,10]. Comparés au bois, le charbon, le pétrole et le gaz contiennent bien plus d'énergie par kilogramme [11,12,13], et étaient donc beaucoup plus adaptés pour faire tourner les machines modernes.

Jusqu'à ce que, au début des années 1900, l'ingénieur allemand Rudolf Diesel invente un moteur pouvant fonctionner à l'huile d'arachide et prouve que la bioénergie pouvait alimenter la technologie moderne [14-18]. Et même si l'énergie à l'arachide n'a jamais vraiment décollé, la bioénergie peut encore jouer un rôle clé dans la transition énergétique et aider à résoudre la crise climatique [19-23].

Mais puisque la bioénergie et les combustibles fossiles produisent tous deux des émissions de dioxyde de carbone, qu'est-ce qui rend exactement la bioénergie meilleure pour l'environnement ?

Les combustibles fossiles sont les restes de formes de vie anciennes, comme des créatures marines et des forêts, qui ont été enfouis et compressés pendant des millions d'années [24,25].

Si les humains les extraient et les brûlent, ils libèrent d'énormes quantités de carbone ancien. La Terre ne peut pas absorber tout ce carbone supplémentaire, alors il s'accumule dans l'atmosphère et déséquilibre le cycle du carbone [26,27,28], ce qui donne aux combustibles fossiles un bilan carbone positif - et ce n'est pas une bonne chose.

À l'inverse, la biomasse vient de plantes actuelles qui ont récemment absorbé du carbone dans l'air. Quand on les brûle, le carbone qu'elles libèrent peut être réabsorbé par des arbres plantés pour les remplacer, ce qui remet ce carbone dans le cycle naturel du carbone [29,30,31].

Cela rend la bioénergie théoriquement neutre en carbone - et bien meilleure pour la planète.

Comme les combustibles fossiles, la bioénergie existe sous trois formes : solide, gazeuse et liquide. Le charbon peut être remplacé par des copeaux ou des granulés de bois dans les centrales électriques [32,33,34], le gaz fossile peut être remplacé par du biogaz pour cuisiner et chauffer les maisons [35-39], tandis que l'essence et le diesel peuvent être remplacés par du bioéthanol et du biodiesel dans les véhicules [40-43].

Même si les batteries sont une meilleure option pour les voitures et les petits camions [44,45,46], beaucoup de véhicules longue distance sont difficiles à électrifier. Faire naviguer un porte-conteneurs jusqu'à un port lointain demanderait de consacrer une grande part de son espace de fret aux batteries [47,48,49]. Et les batteries nécessaires pour un vol longue distance rendraient un avion trop lourd pour décoller ! [50-57]

C'est là que les carburants verts comme les biocarburants peuvent vraiment aider. Autre avantage des biocarburants et de la biomasse solide : ils peuvent être stockés longtemps [58-65], ce qui donne aux pays une sécurité énergétique et garantit de l'électricité toute l'année [66,67,68]. L'éolien et le solaire fournissent déjà de l'électricité renouvelable bon marché au réseau [69,70,71], mais ils sont intermittents, donc quand ils ne sont pas disponibles, on peut brûler de la biomasse pour répondre à la demande [23].

Sur le papier, ça ressemble au ticket gagnant. Alors pourquoi les humains ne l'utilisent-ils pas davantage ?

Eh bien, obtenir de la biomasse implique souvent d'abattre des arbres pour en faire des copeaux, et comme le bois brûle bien plus vite qu'il ne pousse, même si tu replantes des arbres pour les remplacer, il peut falloir des décennies pour absorber le carbone qui n'a mis que quelques heures à être brûlé [72-76].

Les biocarburants ne font peut-être pas beaucoup mieux, car on rase souvent des forêts pour cultiver du palmier à huile, du soja, de la canne à sucre et du maïs afin de les produire [77,78,79]. En fait, des milliers de kilomètres carrés de forêt tropicale ont déjà été rasés au Brésil pour cultiver le soja et la canne à sucre nécessaires aux biocarburants [80-85]. Pendant ce temps, en Indonésie et en Malaisie, des arbres ont été abattus pour cultiver du palmier à huile destiné au biodiesel, entraînant une perte massive d'habitats et menaçant d'extinction des espèces indigènes [86-89].

Et même si on utilise plutôt des terres agricoles existantes, cela peut faire monter les prix et menacer la sécurité alimentaire, souvent au détriment des plus pauvres [90-93].

Pire encore, d'énormes volumes d'eau douce sont consommés pour cultiver ces plantes [94,95,96]. Et la transformation, le transport et les changements d'usage des terres impliqués peuvent produire tellement de carbone que la bioénergie cesse d'être neutre en carbone [40,97,98,99].

En fait, quand tu comptes toutes les émissions cachées, les biocarburants peuvent parfois être pires pour l'environnement que les combustibles fossiles [23,100-102], tout en étant bien plus chers à produire [103-106].

D'un coup, le rêve de Diesel d'une planète propulsée à l'arachide semble, eh bien, complètement à la noix !

Mais ne jette pas encore la bioénergie à la poubelle, car plusieurs solutions pourraient lui donner une nouvelle vie. Et, le plus drôle, c’est que la première consiste à utiliser les déchets, ou plus précisément les biodéchets.

Tu vois, des déchets comme les résidus de cultures [107,108,109], les sous-produits des scieries et des papeteries [110,111,112], et même les déchets alimentaires ou les huiles de cuisson usagées [40,113-115] servent déjà à obtenir de la biomasse sans la cultiver sur des terres agricoles dédiées ni raser les forêts du monde.

En fait, les compagnies aériennes européennes se tournent déjà vers de nouveaux carburants d'aviation durables fabriqués à partir de graisses et d'huiles de cuisson recyclées. Ensemble, ils représentent environ 55 % de leur approvisionnement prévu en carburants durables [116,117].

Une autre solution à l'essai est connue sous le nom de bioénergie avec captage et stockage du CO₂, ou BECCS [118-121]. Elle consiste à utiliser une technologie de captage du CO2 pour aspirer le dioxyde de carbone libéré en brûlant de la biomasse et le stocker dans des cavernes souterraines ou d'anciens puits de mine.

Et comme le carbone de la biomasse a été récemment retiré de l'atmosphère, le stocker ainsi fait passer la bioénergie de la neutralité carbone à un bilan carbone négatif, ce qui est encore mieux. Mais pour être vraiment viable, la biomasse doit toujours venir de sources durables, comme des forêts bien gérées [119,121].

Pour le moment, cependant, le captage du CO2 coûte cher [122,123,124] et on sait qu'il peut laisser fuir des gaz à effet de serre [125-128]. Il reste donc des défis à relever pour que les humains intègrent avec succès le BECCS à la transition énergétique.

Une autre approche testée consiste à produire des biocarburants à partir d'algues microscopiques. Elle n'a pas besoin de terres agricoles. N'importe quel terrain fera l'affaire. Et elle produit plus de biocarburant par hectare que les cultures classiques comme le maïs, la canne à sucre ou le palmier à huile [129,130,131]. Mieux encore, les émissions industrielles de CO2 peuvent servir à nourrir les algues et aider aussi à réduire l'impact climatique d'autres secteurs [132,133,134].

Une option similaire consiste à utiliser des algues marines [135,136,137], qui peuvent être cultivées dans l'océan sans utiliser de précieuses terres ni réserves d'eau douce, et la recherche a montré que leur culture peut aussi aider la biodiversité des écosystèmes marins [138,139,140].

Des technologies expérimentales comme les piles à combustible microbiennes (PCM) sont aussi prometteuses [141-144]. Comme les piles à combustible à hydrogène, elles évitent totalement de devoir brûler quoi que ce soit. Elles transforment l'énergie chimique de la matière organique présente dans les eaux usées en énergie électrique grâce à l'activité métabolique des bactéries. Elles nettoient même les eaux usées en même temps, ce qui rend le traitement de l'eau moins cher [142,143]. Une fois au point, elles pourraient révolutionner la façon dont les humains obtiennent leur énergie.

Alors, la bioénergie peut-elle vraiment aider à résoudre la crise climatique ? Eh bien, alimenter le monde uniquement avec de la biomasse serait cher et non durable.

La bioénergie peut aussi servir d'écoblanchiment pour cacher des pratiques néfastes pour l'environnement qui contribuent à la fois à la déforestation et au changement climatique.

Mais à condition qu'elle soit obtenue de façon écologique, qu'une mesure indépendante confirme qu'elle est vraiment neutre en carbone ou, mieux encore, à bilan carbone négatif, et qu'elle soit surtout utilisée là où il n'existe pas de meilleures alternatives vertes - comme dans le transport maritime et l'aviation - elle peut être déployée avec d'autres solutions vertes pour devenir un élément utile de la transition énergétique et aider à créer un avenir vraiment durable et vert.

Conseillers experts

Nous aimerions remercier

Dr. Ausilio Bauen

Imperial College London

Centre de politique environnementale

Dr. Robert Holland

Université de Southampton

Supergen Bioenergy Hub

Pour en savoir plus

Ces ressources ne sont pas affiliées à Earth 2050. Toutes les ressources accessibles par ces liens sont en anglais.

Aperçu, histoire et avenir

Cycle du carbone et neutralité carbone

Formes de bioénergie - Biocarburants

Solutions bioénergétiques - Algues et algues marines

Références

Toutes les ressources accessibles par ces liens sont en anglais.

  1. [1] Statistical Review of World Energy | Energy Institute (voir le PDF)
  2. [2] World Energy Outlook 2025 - Analyse | IEA
  3. [3] Explorateur de données sur les émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie | IEA
  4. [4] AR6 Synthesis Report : Climate Change 2023 | IPCC
  5. [5] La biomasse à travers les âges | Biomass
  6. [6] Bioénergie et biocarburants : histoire, état des lieux et perspectives | Renewable and Sustainable Energy Reviews
  7. [7] Industrie de l'énergie issue de la biomasse | Renewable Energy Industries : A Research Guide | Research Guides at Library of Congress
  8. [8] Vue d'ensemble de la révolution industrielle dans une perspective théorique | Pourquoi les pays en développement n'arrivent pas à se développer
  9. [9] Vapeur et puissance : Andreas Malm, *Fossil Capital* | Technology and Culture | Project Muse | Johns Hopkins University
  10. [10] Au-delà des combustibles fossiles : évaluer les alternatives énergétiques | State of the World 2013 | SpringerLink
  11. [11] Comparaison des valeurs énergétiques (annexe IV) | Energy conservation in the mechanical forest industries | UN FAO Forestry Paper
  12. [12] Densité énergétique des carburants : qu'est-ce que c'est et pourquoi est-ce important ? | Institute for Global Sustainability : Visualizing Energy
  13. [13] Pouvoirs calorifiques et densité des carburants | GOV.UK
  14. [14] Rudolf Diesel | Inventeur du moteur à combustion interne, pionnier de l'automobile | Britannica (voir Notes de référence*)
  15. [15] Notice de catalogue : Moteurs diesel pour les travaux terrestres et maritimes | HathiTrust Digital Library (voir Notes de référence*)
  16. [16] Le biodiesel comme carburant alternatif pour moteurs : production et politiques dans l'Union européenne | Renewable and Sustainable Energy Reviews (voir Notes de référence*)
  17. [17] Le bio-diesel comme carburant dans les moteurs à combustion interne - Une revue | International Journal of Computer Science and Applications
  18. [18] Étude expérimentale des performances d'un moteur diesel fonctionnant avec des mélanges de biodiesel à base d'huile d'arachide | International Journal of Current Engineering and Technology
  19. [19] Rôle des biocarburants dans la transition énergétique, l'économie verte et la neutralité carbone | Sustainability
  20. [20] Le rôle de la bioénergie dans la décarbonation profonde mondiale : élimination du CO2 ou énergie bas carbone ? | Global Change Biology - Bioenergy
  21. [21] Le rôle de la bioénergie dans un monde où le climat change | Environmental Development
  22. [22] Bioénergie et atténuation du changement climatique : une évaluation | Global Change Biology - Bioenergy
  23. [23] L'avenir de la bioénergie | Global Change Biology | Environmental Change Journal
  24. [24] Combustibles fossiles | National Geographic
  25. [25] Que sont les combustibles fossiles ? | Smithsonian Ocean
  26. [26] DOE Explains... le cycle du carbone | US Department of Energy
  27. [27] Le cycle du carbone | NASA Earth Observatory
  28. [28] Cycle du carbone | National Oceanic and Atmospheric Administration
  29. [29] La biomasse et l'environnement | U.S. Energy Information Administration (EIA) (voir Notes de référence*)
  30. [30] Bioénergie et bioéconomie | NLR (voir Notes de référence*)
  31. [31] Neutralité carbone | IEA Bioenergy (voir Notes de référence*)
  32. [32] Les granulés - Un vecteur énergétique en plein essor | Fiche d'information | World Bioenergy Association
  33. [33] Le bois et les déchets de bois | U.S. Energy Information Administration (EIA)
  34. [34] Les granulés de bois continuent de rivaliser avec le charbon | Argus Media
  35. [35] Introduction au biogaz et au biométhane | IEA
  36. [36] Le biogaz pour la cuisine domestique : fiche technique | IRENA
  37. [37] Le biogaz pour cuisiner | Project Drawdown
  38. [38] Production de biogaz pour la chaleur, l'électricité, les gaz renouvelables et les transports | IEA Bioenergy Review 2023
  39. [39] Le biogaz, une solution pour le climat et l'air pur aux nombreux avantages. | Climate & Clean Air Coalition
  40. [40] Biocarburant | MIT Climate Portal
  41. [41] Production de bioéthanol : aperçu | Technologies du bioéthanol | IntechOpen
  42. [42] Progrès dans la transformation du bioéthanol | Progress in Energy and Combustion Science
  43. [43] Les biocarburants pour répondre aux futurs besoins énergétiques de la planète | Energy Conversion and Management
  44. [44] Batteries pour véhicules électriques : exigences et défis | Joule : A Cell Press Journal
  45. [45] Tendances des batteries pour véhicules électriques - Global EV Outlook 2024 | IEA
  46. [46] Revue sur les véhicules électriques : technologies et défis | Smart Cities
  47. [47] La baisse rapide du coût des batteries améliore les perspectives du transport interrégional de conteneurs entièrement électrique | Nature Energy
  48. [48] Batteries à bord des navires océaniques | MAN Energy Solutions
  49. [49] Potentiel et limites des systèmes de propulsion de porte-conteneurs électriques à batterie | Energy Conversion and Management : X
  50. [50] Aviation électrique : revue des concepts et technologies clés | Transportation Engineering
  51. [51] Alimenter les cieux : l'essor des avions électriques et bas carbone | The Faraday Institution
  52. [52] Critères de performance requis pour les batteries de nouvelle génération afin d'électrifier les avions commerciaux | ACS Energy Letters
  53. [53] Analyse des performances des avions électriques régionaux | International Council on Clean Transportation
  54. [54] Quand les avions électriques commerciaux deviendront-ils réalité ? | Aviation : Benefits Beyond Borders
  55. [55] Qu'est-ce qui est le plus probable : des avions électriques ou des avions à hydrogène ? | MIT Climate Portal
  56. [56] Voilà pourquoi il est si difficile d'électrifier le transport maritime et l'aviation | Environment | The Guardian
  57. [57] Perspectives technologiques, économiques et environnementales des avions tout électriques | Nature Energy
  58. [58] Stabilité au stockage à long terme du biodiesel et des mélanges de biodiesel | Fuel Processing Technology (voir Notes de référence*)
  59. [59] Stockage à long terme et stabilité de la qualité des carburants biodiesel | International Journal of Low-Carbon Technologies (voir Notes de référence*)
  60. [60] Guide : stockage et manipulation des granulés de bois | Danish Technological Institute (voir Notes de référence*)
  61. [61] Effet des conditions de stockage sur les propriétés des biocarburants lignocellulosiques | Scientific Reports (voir Notes de référence*)
  62. [62] Impact de divers facteurs sur le stockage à long terme du biodiesel et sa prévention : une revue | Energies (voir Notes de référence*)
  63. [63] Analyse des produits du vieillissement des biocarburants lors d'un stockage à long terme | ACS Omega (voir Notes de référence*)
  64. [64] Stabilité au stockage à long terme de l'huile végétale hydrotraitée (HVO) incorporée dans des mélanges biodiesel-diesel en zones d'altitude et côtières | Fuel Communications (voir Notes de référence*)
  65. [65] Guide de manipulation et d'utilisation du biodiesel : sixième édition | NREL (voir Notes de référence*)
  66. [66] Booster les biocarburants : des pistes durables vers une meilleure sécurité énergétique | IRENA
  67. [67] Les biocarburants : une solution renouvelable pour la sécurité énergétique et l'atténuation du changement climatique par Engr Talha Akhtar | SSRN
  68. [68] Focus sur le développement du secteur de la bioénergie et la sécurité énergétique en Chine | Renewable and Sustainable Energy Reviews
  69. [69] Global Electricity Review 2025 | Ember
  70. [70] Electricity 2025 - Analysis | IEA
  71. [71] Renewable power generation costs in 2024 | IRENA
  72. [72] Neutralité carbone de la biomasse forestière pour la bioénergie : une revue de cadrage | iForest - Biogeosciences and Forestry (voir Notes de référence*)
  73. [73] Retour vers le futur : comptabilité carbone complète dynamique appliquée à des scénarios prospectifs de bioénergie | The International Journal of Life Cycle Assessment (voir Notes de référence*)
  74. [74] L'aspect temporel de la bioénergie - impacts climatiques des biocombustibles solides dus à la dynamique du carbone - Zetterberg | GCB Bioenergy (voir Notes de référence*)
  75. [75] Biomasse d'arbres pour la bioénergie et les biocarburants - une note d'information | Materials Today : Proceedings
  76. [76] Des arbres à brûler : la controverse sur la biomasse | Institute of Economic Affairs
  77. [77] Les changements mondiaux d'usage des terres sont quatre fois plus importants qu'on ne l'estimait auparavant | Nature Communications
  78. [78] Une analyse mondiale de la déforestation due au développement des biocarburants | CIFOR
  79. [79] Évaluer la déforestation liée aux biocarburants : défis méthodologiques | Applied Geography
  80. [80] Changement d'usage des terres : l'obstacle à la durabilité de la canne à sucre | Biofuels, Bioproducts, and Biorefining (voir Notes de référence*)
  81. [81] Canne à sucre : les politiques publiques brésiliennes menacent les biomes d'Amazonie et du Pantanal | Perspectives in Ecology and Conservation (voir Notes de référence*)
  82. [82] Forte expansion du soja en Amérique du Sud depuis 2000 et conséquences pour la conservation | Nature Sustainability (voir Notes de référence*)
  83. [83] Démystifier le soja durable au Brésil | Land Use Policy (voir Notes de référence*)
  84. [84] Relier les exportations de soja brésilien à la déforestation - Éclairages | Trase (voir Notes de référence*)
  85. [85] Les changements indirects d'usage des terres peuvent annuler les économies de carbone des biocarburants au Brésil | PNAS (voir Notes de référence*)
  86. [86] Le ralentissement de la déforestation en Indonésie suit le recul de l'expansion du palmier à huile et la baisse des prix de l'huile | PLOS ONE
  87. [87] L'ambition de l'Indonésie pour les biocarburants menace d'entraîner davantage de déforestation pour les plantations de palmiers à huile | Mongabay
  88. [88] Durabilité et politique de la bioénergie à base d'huile de palme en Indonésie et en Malaisie : une revue systématique et pistes pour l'avenir | Heliyon
  89. [89] Étude de cas : l'exemple de l'huile de palme | The Nexus of Biofuels, Climate Change, and Human Health | NCBI | National Library of Medicine
  90. [90] L'expansion des biocarburants dans les pays en développement est-elle raisonnable ? Une revue des données empiriques sur les impacts sur l'alimentation et l'usage des terres | Journal of Cleaner Production
  91. [91] La sécurité alimentaire face à une forte demande de bioénergie pour atteindre les objectifs climatiques à long terme | Climatic Change
  92. [92] Biocarburants et sécurité alimentaire | Renewable and Sustainable Energy Reviews
  93. [93] L'impact des biocarburants sur la sécurité alimentaire | International Economics
  94. [94] Biocarburants et eau | Biofuels : Environmental Consequences & Implications of Changing Land Use
  95. [95] L'empreinte eau des biocarburants : boire ou conduire ? | Environmental Science & Technology
  96. [96] Biocarburants et conséquences pour l'utilisation agricole de l'eau : les impacts bleus de l'énergie verte | Water Policy
  97. [97] Pourquoi les combustibles issus de la biomasse ne sont fondamentalement pas neutres en carbone | Energies (voir Notes de référence*)
  98. [98] Pas neutres en carbone : évaluer l'impact des émissions nettes des résidus brûlés pour la bioénergie | Environmental Research Letters (voir Notes de référence*)
  99. [99] Adieu la neutralité carbone : bien calculer l'empreinte de la biomasse | Environmental Impact Assessment Review (voir Notes de référence*)
  100. [100] La directive européenne sur les énergies renouvelables risque de nuire aux forêts mondiales | Nature Communications
  101. [101] Brûler du bois pour produire de l'énergie est-il pire pour le climat que le charbon ? | Carbon Brief
  102. [102] La bioénergie est-elle neutre en carbone ? | Supergen Bioenergy
  103. [103] Biocarburants pour les transports - Renewables 2023 - Analyse | IEA
  104. [104] Les biocarburants, une alternative encore trop chère | Polytechnique Insights
  105. [105] Les biocarburants sont dans la plupart des cas deux fois plus chers que l'essence et le diesel | European Federation for Transport & Environment
  106. [106] Comparaison des estimations de coût des biocarburants « avancés » : tendances lors du déploiement de politiques pour des carburants bas carbone | Transportation Research Part D : Transport and Environment
  107. [107] L'utilisation des résidus de culture pour produire des biocarburants | Biomass, Biopolymer-Based Materials, and Bioenergy
  108. [108] Production mondiale de résidus de culture et conséquences de leur utilisation comme biocarburant | Environment International
  109. [109] Redéfinir les résidus agricoles comme matières premières pour la bioénergie | Materials
  110. [110] Diversité des propriétés des résidus de scierie utilisés comme matières premières pour produire de l'énergie | Renewable Energy
  111. [111] Optimisation de la collecte des résidus de scierie pour produire de la bioénergie | Applied Energy
  112. [112] Caractérisation des boues de papeterie comme matière première renouvelable pour produire de l'hydrogène durable et des biocarburants | International Journal of Hydrogen Energy
  113. [113] Utilisation des déchets alimentaires pour produire des biocarburants : le point de vue des bioraffineries | Materials Today : Proceedings
  114. [114] Revue des technologies de production de biocarburants à partir de déchets alimentaires | International Journal of Energy Research
  115. [115] Production de biodiesel à partir d'huile de cuisson usagée : revue complète de l'utilisation de catalyseurs hétérogènes | Energy Nexus
  116. [116] Les SAF dans le monde | European Federation for Transport & Environment (voir Notes de référence*)
  117. [117] Qu'est-ce que le carburant d'aviation durable (SAF) et pourquoi est-il important ? | Air bp
  118. [118] Bioénergie avec captage et stockage du CO2 | Technologies et infrastructures transversales | IEA (voir Notes de référence*)
  119. [119] Les bases du BECCS : transformer la biomasse et les déchets en énergie propre | CCS Knowledge Centre (voir Notes de référence*)
  120. [120] Chronologie : comment le BECCS est devenu la technologie « sauveuse » du climat | Carbon Brief (cite Managing Climate Risk | Science) (voir Notes de référence*)
  121. [121] Déploiement du BECCS : retour à la réalité | Imperial College London (voir Notes de référence*)
  122. [122] Le captage du CO2 est-il trop cher ? - Analyse | IEA
  123. [123] Le fond du problème : pourquoi le coût du captage et stockage du CO2 reste obstinément élevé | International Institute for Sustainable Development
  124. [124] Coût élevé, faible rentabilité et difficultés de stockage : le captage du CO2 est-il une solution climatique réaliste ? | Euronews
  125. [125] Assumer le coût des fuites de carbone stocké | Frontiers in Energy Research (voir Notes de référence*)
  126. [126] Qu'avons-nous appris sur les fuites de CO2 grâce aux expériences sur le terrain de rejet de CO2, et quelles sont les lacunes à combler pour l'avenir ? | Earth-Science Reviews (voir Notes de référence*)
  127. [127] La sécurité et la permanence du stockage géologique du CO2 | Global CCS Institute (voir Notes de référence*)
  128. [128] Évaluation du risque de fuite d'un site de stockage du CO2 : une revue | Earth-Science Reviews (voir Notes de référence*)
  129. [129] Les perspectives de la production à grande échelle de biodiesel à partir d'algues | Applied Sciences (voir Notes de référence*)
  130. [130] Le biodiesel à partir de microalgues | Biotechnology Advances (voir Notes de référence*)
  131. [131] La production de biocarburants à base d'algues dans le cadre d'un cluster industriel | Biomass and Bioenergy (voir Notes de référence*)
  132. [132] Captage industriel du CO2 par les algues : revue et avancées récentes | Sustainability
  133. [133] Étudier les algues pour la capture et l'accumulation du CO2 ainsi que la production simultanée de biomasse pour fabriquer du biodiesel | Science of the Total Environment
  134. [134] Effets de l'approvisionnement en CO2 sur les émissions de gaz à effet de serre sur l'ensemble du cycle de vie et les coûts des biocarburants à base d'algues | ACS Sustainable Chemistry & Engineering
  135. [135] Production de biocarburants à partir d'algues marines : une revue complète | Energies
  136. [136] Biocarburants et bioproduits à partir d'algues marines | Advanced Biofuel Technologies
  137. [137] Fiche pratique - Avantages et inconvénients des algues marines pour les biocarburants | Bellona Europa
  138. [138] L'impact de la culture d'algues marines sur les services écosystémiques - étude de cas sur la côte ouest de la Suède | Marine Pollution Bulletin (voir Notes de référence*)
  139. [139] Services écosystémiques fournis par les algues marines | Hydrobiology (voir Notes de référence*)
  140. [140] La culture d'algues marines peut-elle jouer un rôle dans l'atténuation du changement climatique et l'adaptation ? | Frontiers in Marine Science (voir Notes de référence*)
  141. [141] Piles à combustible microbiennes : aperçu de la technologie actuelle | Renewable and Sustainable Energy Reviews (voir Notes de référence*)
  142. [142] Piles à combustible microbiennes : des bases aux applications. Une revue | Journal of Power Sources (voir Notes de référence*)
  143. [143] Revue des applications, avancées et coûts des piles à combustible microbiennes | Journal of Environmental Management (voir Notes de référence*)
  144. [144] Évaluation des performances sur site d'un système de pile à combustible microbienne de 1 000 litres utilisant des modules submersibles à plusieurs électrodes avec cathodes à air pour le traitement durable des eaux usées municipales et la production d'électricité | Water Science & Technology | IWA Publishing (Presse : Une nouvelle technologie fait une percée : une pile à combustible microbienne de 1 000 litres produit de l'eau pure et de l'électricité | CHIMIA) (voir Notes de référence*)

Notes de référence

14-16

Moteur à huile d'arachide

Rudolf Diesel a développé son moteur à allumage par compression dans les années 1890, le premier modèle réussi ayant été achevé en 1897. Lors de l'Exposition universelle de Paris de 1900, un petit moteur Diesel construit par la société française Otto a été présenté en fonctionnement à l'huile d'arachide à la demande du gouvernement français. Le moteur avait été conçu pour des huiles ordinaires mais fonctionnait avec de l'huile végétale sans modification.

58-65

Durée de conservation de la biomasse et des biocarburants (périodes de stockage maximales)

La biomasse et les biocarburants peuvent être stockés longtemps et utilisés dès qu'il faut de l'énergie, ce qui assure aux pays une sécurité énergétique toute l'année. Mais cela dépend du type de biocarburant, et il existe des exceptions. La durée de stockage varie beaucoup selon le carburant, sa formulation et les conditions de stockage, et certains biocarburants sont bien moins stables que d'autres [58-64,66,68].

Par exemple, les granulés de bois et les autres biomasses solides sont particulièrement sensibles à l'humidité, à la température, à la ventilation et à la manipulation. De mauvaises conditions peuvent provoquer une dégradation biologique, une perte de contenu énergétique ou un auto-échauffement, tandis qu'un stockage au sec et bien ventilé peut préserver leur qualité [60,61].

Un biocarburant qui se conserve longtemps, comme le HVO (huile végétale hydrotraitée), résiste très bien à l'oxydation et peut, selon les fournisseurs, durer environ 10 ans avant de se dégrader, si de bonnes conditions de stockage sont maintenues A. Des recherches indépendantes confirment aussi la stabilité relativement élevée du HVO, y compris lorsqu'il est incorporé dans des mélanges biodiesel - diesel [64]. La stabilité du biodiesel EMAG (esters méthyliques d'acides gras) dépend beaucoup de sa composition en acides gras : les EMAG saturés sont en général plus stables et se conservent plus longtemps que les EMAG insaturés, selon les déchets utilisés pour les fabriquer. Donc, la matière première utilisée pour créer le biocarburant peut fortement influencer sa durée de stockage [62,63].

Même si le biodiesel est facilement biodégradable, sa dégradation pendant le stockage est surtout causée par l'oxydation et la contamination, plutôt que par sa biodégradabilité elle-même. La chaleur et l'exposition à l'air, à la lumière, à l'eau ou à certains métaux peuvent accélérer la dégradation, tandis que les antioxydants et de bonnes conditions de stockage peuvent la ralentir [58,62,63]. Une étude indique que le biodiesel peut être stocké 6 mois avant de commencer à se dégrader, et qu'après un an il pourrait ne plus convenir à une utilisation directe dans les moteurs [58,59].

Créer des mélanges de biocarburants (par ex. mélanger du biodiesel EMAG avec du diesel fossile ou du HVO) peut améliorer la stabilité, prolonger le stockage et maintenir leur efficacité comme carburant directement compatible avec les moteurs standards, même si le résultat dépend des carburants et des proportions utilisés [58,59,62,64].

Les nano-biodiesels spécialement formulés contiennent des nanoparticules qui réduisent leur vulnérabilité à l'oxydation, et peuvent donc rester stables bien plus longtemps [59]. Ils peuvent aussi améliorer la combustion du carburant et l'efficacité énergétique tout en réduisant certains polluants. Mais leurs effets dépendent du matériau, de la concentration, du carburant et du moteur, et certaines formulations peuvent augmenter les émissions d'oxydes d'azote B.

Les biocarburants ont une durée de conservation plus courte que les combustibles fossiles classiques (mais le HVO est une exception notable). Ils peuvent néanmoins contribuer à résoudre le problème d'intermittence créé par l'énergie éolienne/solaire : même des biocarburants stockés pendant des mois plutôt que des années peuvent fournir une énergie de secours rapidement mobilisable et une sécurité énergétique pendant les périodes de faible production éolienne ou solaire, à condition que les stocks et les équipements soient suffisants [23,66,68]. Quand les matières premières et les chaînes d'approvisionnement sont gérées durablement, ils peuvent contribuer à la neutralité carbone et aux efforts plus larges de réduction des émissions [19-22,72-76].

A Comment stocker le carburant HVO pour assurer longévité et sécurité | Vectec

B Applications des nanotechnologies dans la combustion du biodiesel et les étapes après combustion | Renewable and Sustainable Energy Reviews

29-31,72-102

Neutralité carbone de la bioénergie

La bioénergie n’est pas automatiquement neutre en carbone. Son impact sur le climat dépend de la matière première, de la repousse, de ce qui serait autrement arrivé aux terres ou aux matériaux, des émissions de la chaîne d’approvisionnement et du temps nécessaire pour réabsorber le CO₂ libéré. Les filières utilisant des déchets et résidus peuvent avoir des émissions relativement faibles, tandis que le changement d’affectation des terres ou la récolte de forêts qui repoussent lentement peuvent créer une dette carbone qui dure des années ou des décennies.

Voir : Comptabilité carbone pour des biocarburants durables - Analyse | AIE

80-85

Déforestation au Brésil pour les biocarburants

Au Brésil, des millions d'hectares de forêt tropicale, de savane et d'autres écosystèmes naturels ont été défrichés pour l'agriculture, notamment pour produire du soja et de la canne à sucre.

Trase a associé la récolte de soja brésilienne de 2020 à 562 000 hectares - 5 620 kilomètres carrés - de déforestation récente et de conversion de végétation naturelle. Cela comprenait environ 76 400 hectares en Amazonie et 23 600 hectares dans la forêt atlantique, même si la plus grande partie se trouvait dans le Cerrado et les Pampas. Le biome du Cerrado, une zone clé pour le soja et la canne à sucre, a connu une conversion des terres particulièrement importante [82,83]. Ces chiffres relient la production de soja brésilienne à une conversion des terres mesurée en milliers de kilomètres carrés, dont de grandes zones de forêt tropicale.

Le soja comme la canne à sucre sont liés à l'industrie brésilienne des biocarburants [78,80,81]. Environ la moitié de la canne à sucre brésilienne est transformée en éthanol C. Le soja est surtout cultivé pour l'alimentation animale, mais il produit aussi de l'huile de soja comme sous-produit, qui fournit environ 70 % du biodiesel du pays D. En Amérique du Sud, la surface cultivée en soja a plus que doublé, passant de 26,4 millions d'hectares en 2000 à 55,1 millions d'hectares en 2019 [82]. L'expansion de ces cultures peut entraîner la déforestation directement, quand elles remplacent la végétation naturelle, ou indirectement, quand leur expansion sur des terres agricoles existantes déplace l'élevage bovin ou d'autres activités vers des zones nouvellement défrichées [78-82,84].

La déforestation liée au soja au Brésil est bien plus importante que le défrichement direct pour la canne à sucre [80-83]. À partir de 2009, la politique de zonage agroécologique de la canne à sucre (ZAE Cana) a limité l'expansion de la canne à sucre dans des biomes essentiels comme l'Amazonie et le Pantanal (même si cette politique a été abrogée en 2019, ce qui a accru les inquiétudes sur la déforestation) [81]. La culture de la canne à sucre s'est donc historiquement concentrée dans les régions du centre et du sud, hors d'Amazonie, souvent sur des terres agricoles existantes, des pâturages dégradés ou dans le Cerrado. Sa contribution directe à la perte de forêt amazonienne est donc bien plus faible que celle de l'élevage bovin ou du soja. Pourtant, son expansion dans le Cerrado ou sur des pâturages peut remplacer la végétation naturelle ou déplacer d'autres activités agricoles, ce qui accroît les pressions sur la déforestation [78,80,81]. En fait, une étude de modélisation de 2010 prévoyait que l'expansion de l'éthanol de canne à sucre aurait pu contribuer indirectement à environ 50 000 km² (5 millions d'hectares) de déforestation d'ici 2020, surtout en déplaçant les pâturages bovins vers des zones forestières [85].

La demande de biocarburants peut donc contribuer à la déforestation en augmentant la demande d'éthanol de canne à sucre et d'huile de soja pour le biodiesel. Cependant, on ne peut pas attribuer toute la surface concernée spécifiquement aux biocarburants : le soja sert aussi à l'alimentation animale et à des produits alimentaires, la canne à sucre sert aussi à produire du sucre, et une grande partie de la végétation convertie est de la savane ou des prairies plutôt que de la forêt tropicale. Pourtant, vu l'ampleur de la conversion liée au soja et les effets directs et indirects des deux cultures, il reste raisonnable d'estimer, à l'ordre de grandeur près, que des milliers de kilomètres carrés de forêt tropicale brésilienne ont été défrichés en partie pour fournir des cultures destinées aux biocarburants, même si ce n'est pas un total précis attribuable aux seuls biocarburants [78-84].

C Répartition de la canne à sucre brésilienne entre sucre et éthanol | Reuters

D Environ 70 % du biodiesel brésilien vient du soja | Reuters

À lire aussi :

Au Brésil, la ruée vers la canne à sucre fait peser une nouvelle menace sur la forêt amazonienne | Sierra Club

La croissance de la canne à sucre brésilienne peut répondre aux besoins en biocarburants sans entraîner de déforestation : étude | Mongabay

116

SAF utilisé par les compagnies aériennes européennes

CORRECTION : Environ 55 % des engagements publics et accords d’approvisionnement en carburant d’aviation durable (SAF) des compagnies aériennes européennes devraient reposer sur des huiles et graisses usagées, dont des graisses animales, des huiles de cuisson usagées et d’autres huiles usagées. Cela décrit des accords et contrats prévus, plutôt que du carburant déjà utilisé comme indiqué dans la vidéo.

118-121,125-128

Bioénergie avec captage et stockage du CO2

Le BECCS ne peut produire des émissions nettes négatives que si la repousse de la biomasse retire vraiment du CO₂ de l'atmosphère, et si une plus grande quantité de ce CO₂ est stockée de façon permanente que celle libérée pendant tout le processus. En réalité, cela ne dépend pas seulement des émissions produites par l'installation de bioénergie. Cela dépend aussi des émissions de la chaîne d'approvisionnement et de l'utilisation des terres, ainsi que des bilans carbone à long terme concernés. Cela inclut le carbone perdu par la végétation et les sols ; le temps nécessaire à la repousse de la biomasse ; les émissions liées à la culture et aux engrais, à la récolte, à la transformation, au transport ; l'énergie utilisée pour capter, comprimer et injecter le CO₂, et tout CO₂ que le système de captage ne récupère pas. Les autres gaz à effet de serre, comme le méthane et le protoxyde d'azote, doivent aussi être inclus. Le bilan final dépend donc de la matière première, de la gestion des terres, du taux de captage, des sources d'énergie et de la période prise en compte [72-76,97-102,118-121].

Pour le stockage à long terme, le CO₂ capté est normalement comprimé et injecté dans des formations rocheuses profondes et poreuses, comme des formations contenant de l'eau salée ou des réservoirs de pétrole et de gaz épuisés. En réalité, le CO₂ occupe de minuscules espaces dans la roche au lieu de simplement remplir une grande caverne souterraine ou un puits de mine. Choisir soigneusement le site, avoir des puits sûrs, gérer la pression, surveiller et assurer un suivi à long terme sont essentiels pour le maintenir confiné [118,127,128].

Le principal risque de fuite est que le CO₂ capté s'échappe pendant le transport ou l'injection, ou plus tard par des failles, des fractures ou des puits endommagés ou mal scellés. Les éléments de preuve dans [125-128] concernent surtout les voies de fuite possibles, des expériences contrôlées, la modélisation et l'évaluation des risques ; ils ne montrent pas que les fuites soient courantes sur des sites commerciaux de stockage bien gérés. Les formations géologiques bien choisies et surveillées devraient retenir presque tout le CO₂ injecté pendant de très longues périodes, même si le risque ne peut pas être considéré comme nul. Tout CO₂ qui s'échappe doit être soustrait du total annoncé comme retiré de l'atmosphère et traité grâce à une surveillance continue et à des mesures de réparation.

129-131,138-140

Culture d'algues et d'algues marines

Les microalgues peuvent être cultivées dans des bassins ouverts ou des photobioréacteurs fermés sur des terres non cultivables, dégradées, salines ou autrement peu valorisées, évitant ainsi la concurrence directe avec les cultures alimentaires classiques. Les sites adaptés ont tout de même besoin de suffisamment de lumière, d'eau, de nutriments et de CO₂, tandis que la surface nécessaire dépend de l'espèce d'algue, du climat local et du système de culture. Comme les algues poussent vite et peuvent produire plus de carburant par unité de surface que les cultures classiques destinées aux biocarburants, leurs besoins totaux en terres peuvent être nettement plus faibles [129-134].

Les algues marines n'ont besoin ni de terres agricoles ni d'eau douce. Les fermes d'algues marines peuvent créer des habitats temporaires pour les poissons et les invertébrés, absorber les nutriments en excès, augmenter les niveaux locaux d'oxygène et le pH, et réduire l'énergie des vagues. Les bénéfices pour la biodiversité dépendent des espèces cultivées, de la taille et de l'agencement de la ferme, des mouvements de l'eau, du lieu et des pratiques de récolte. Un choix soigneux du site peut maximiser ces bénéfices tout en évitant d'endommager des habitats existants comme les herbiers marins ou d'introduire des espèces non indigènes [135-140].

141-144

Piles à combustible microbiennes dans le traitement des eaux usées

Les piles à combustible microbiennes utilisent des bactéries pour décomposer la matière organique des eaux usées et transférer les électrons libérés vers une électrode, créant un courant électrique. Retirer cette matière organique aide à nettoyer les eaux usées, même si les PCM ne réalisent pas normalement toutes les étapes du traitement à elles seules : un traitement supplémentaire peut encore être nécessaire pour éliminer les matières organiques restantes, les nutriments et les agents pathogènes [141-144].

En réalité, leur principal avantage économique pourrait venir de la réduction de l'électricité nécessaire au traitement, plutôt que de la production de grandes quantités d'électricité en surplus utilisables ailleurs. Le traitement classique des eaux usées consomme beaucoup d'énergie pour pomper de l'oxygène dans l'eau. Les PCM peuvent réduire une partie de cette aération tout en récupérant une petite partie de l'énergie chimique des eaux usées sous forme d'électricité, ce qui peut faire baisser la demande totale en énergie de la station de traitement. Ensemble, ces avantages pourraient finir par rendre le traitement des eaux usées moins cher. Pour l'instant, cependant, les coûts élevés de construction et des matériaux font que cela n'a pas encore été démontré de façon régulière à l'échelle commerciale [141-143].

Atteindre ce stade ne demandera peut-être pas aux PCM de maximiser leur production d'électricité. Autrement dit, le système qui produit le plus d'électricité n'est pas forcément le système de traitement le plus économique. Une étude techno-économique a montré que des matériaux d'électrodes moins chers pouvaient permettre un traitement des eaux usées plus rentable, même en produisant moins d'électricité E. Cela laisse penser que le développement pratique des PCM gagnerait à privilégier un traitement abordable plutôt qu'une production électrique maximale.

Mais la production d'électricité reste faible, surtout à mesure que les eaux usées deviennent plus propres et qu'il reste moins de matière organique à consommer pour les bactéries. Les systèmes plus grands doivent aussi surmonter les difficultés liées aux coûts des électrodes et des membranes, à l'encrassement, aux performances inégales et à la fiabilité à long terme. Une étude pilote de 1 000 litres a montré que la technologie peut fonctionner avec de vraies eaux usées municipales, mais elle n'a obtenu qu'un traitement partiel et une production d'électricité modeste. Pour l'instant, les PCM restent donc surtout une méthode expérimentale qui combine le traitement des eaux usées avec une récupération d'énergie à petite échelle, plutôt qu'une source majeure d'électricité [141-144].

E Sacrifier de la puissance pour un traitement plus rentable : une approche techno-économique pour concevoir des piles à combustible microbiennes | Chemosphere

Vous êtes financeur, scientifique, éducateur ou décideur ?

Envie de soutenir Earth 2050 ou de travailler avec nous ? Contactez-nous.

info@earth2050.com